Bilan stationnel des odonates
Dans une démarche d’amélioration des connaissances, le bilan stationnel vise à actualiser les données relatives aux stations historiques de présence d’une espèce à enjeu. L’objectif est de confirmer ou non sa présence actuelle et d’évaluer les éventuelles évolutions de la qualité des habitats concernés, afin d’estimer leur potentiel d’accueil.
Pour maximiser les chances de détection, des méthodes de recherche spécifiques sont mises en œuvre, adaptées au taxon ciblé. Lorsque les données anciennes sont insuffisantes ou que la spécialisation écologique de l’espèce permet d’identifier ses habitats potentiels, des prospections complémentaires peuvent être réalisées dans son aire de répartition pour localiser de nouveaux sites de présence.
Choisir une espèce
Le choix des espèces ciblées repose sur plusieurs critères : leur statut sur la Liste Rouge régionale, le niveau de responsabilité de la Bourgogne dans leur conservation, ainsi que l’ancienneté des dernières études les concernant.
Une méthodologie spécifique est mise en œuvre, tant pour la sélection des stations à prospecter que pour les méthodes de recherche, qui ne suivent pas un protocole standardisé mais qui s'adapte à l'espèce choisie.
En pratique, le plan d’échantillonnage des bilans stationnels prévoit deux passages sur chaque site identifié. Toutefois, si le site est jugé défavorable à l’espèce cible dès le premier passage, le second n’est pas réalisé. À l’inverse, si les conditions ne permettent pas une bonne détectabilité lors des premiers passages, un troisième peut être exceptionnellement programmé sur les sites présentant un fort potentiel.
Édition 2025 :
Lestes virens, Lestes dryas et Sympetrum vulgatum.
Édition 2024 :
Leucorrhinia caudalis
Espèce rare et vulnérable en Bourgogne, Leucorrhinia caudalis est inscrite aux Plans National et Régional d’Actions pour les libellules. Elle fréquente les plans d’eau stagnants en milieu forestier, riches en végétation flottante. Aucune prospection ciblée n’avait été menée depuis 2017.
En 2024, 18 communes ont été prospectées dans l’Yonne : l’espèce a été observée sur 3 sites, avec une seule preuve d’autochtonie (exuvie). Dans la Nièvre, 5 communes ont été explorées sans détection, malgré une donnée isolée en 2022.
Les conditions météorologiques défavorables et la dégradation des habitats (eutrophisation, gestion intensive) ont freiné les résultats. De futures prospections sont prévues pour compléter ce bilan dans de meilleures conditions.