Focus terrain : Le Sisyphe

à la recherche du dernier bousier « rouleur » de Bourgogne.

Sisyohus schaefferi
Sisyohus schaefferi © Thomas Reverchon

Le Sisyphe (Sisyphus schaefferi) est un coléoptère coprophage, c’est-à-dire qu’il se nourrit d’excréments. Comme son célèbre cousin le Scarabée sacré, il façonne puis fait rouler à l’aide de ses longues pattes arrière une boule d’excréments qui servira de réserve alimentaire à sa descendance. C’est ce comportement qui lui vaut sa réputation de « bousier rouleur ».

En Bourgogne, le Sisyphe est aujourd’hui le dernier bousier connu à pratiquer ce comportement de roulage. Espèce des milieux ouverts, secs et bien ensoleillés, il est facile à reconnaître et ne peut être confondu avec aucun autre coléoptère de notre faune. Malgré cela, les données régionales restent peu nombreuses.

Voilà l’occasion de se focaliser sur cette espèce lors de vos prochaines sorties terrain, pour mieux cerner sa répartition en Bourgogne et pouvoir évaluer son statut.

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Aller plus loin

Les coléoptères coprophages jouent un rôle essentiel dans le fonctionnement des écosystèmes. En recyclant les déjections du bétail, ils participent à la décomposition de la matière organique, à l’enrichissement des sols et à la limitation de certains parasites. Ils constituent également une ressource alimentaire importante pour de nombreuses espèces, notamment les chauves-souris. L’intensification agricole et l’utilisation généralisée de certains traitements vétérinaires ont toutefois fortement affecté ces insectes au cours des dernières décennies. Si les pratiques évoluent progressivement, plusieurs espèces semblent avoir connu un déclin important à l’échelle nationale.

La recherche du Sisyphe peut également réserver d’autres belles découvertes. Dans les milieux forestiers, il est possible de rencontrer le Minotaure (Typhaeus typhoeus), dont le mâle porte trois longues excroissances sur le thorax qui lui ont valu son nom évocateur. Plus largement répandu, le Copris lunaire (Copris lunaris) se distingue quant à lui par la corne imposante du mâle, lui donnant l’allure d’un minuscule rhinocéros. Sous les déjections se cachent également de nombreux prédateurs, parmi lesquels le remarquable Staphylin bourdon (Emus hirtus), une espèce aux couleurs contrastées qui semble aujourd’hui beaucoup moins fréquente qu’autrefois.