Dans les feuilles se cachent de petits papillons

Tischeria ekebladella
Tischeria ekebladella © Emmanuelle Thomas SHNA-OFAB

En juillet dernier, une dizaine d’espèces mineuses de microlépidoptères ont été observées dans le cadre de l’inventaire en continu mené dans le Val de Seille, sur les communes de Bantanges et Huilly-sur-Seille (71). Parmi elles, Phyllocnistis ramulicola, une espèce peu souvent observée, a notamment été découverte sur les saules de la ripisylve.

Les microlépidoptères « mineurs » ont un mode de vie bien particulier. Durant une partie ou la totalité de leur développement, leurs jeunes chenilles vivent à l’intérieur des feuilles ou de l’écorce, où elles creusent des galeries. Ces traces, appelées mines, permettent de repérer plus facilement ces petits papillons de nuit qui ne mesurent souvent que 5 à 8 mm à l’âge adulte.

Leur identification repose notamment sur la plante hôte et sur la forme de la mine. Galerie fine, tache circulaire, forme digitée ou vésiculeuse, position par rapport aux nervures ou encore répartition des excréments laissés par la chenille sont autant d’indices permettant de déterminer l’espèce. Ces caractéristiques peuvent être observées grâce à un petit éclairage placé sous la feuille.

Parmi les espèces observées lors de cette sortie,Tischeria ekebladella a été trouvée sur le chêne 

Stigmella plagicolella
Stigmella plagicolella © Emmanuelle Thomas SHNA-OFAB

Stigmella plagicolella sur le prunellier, cette dernière débute par une fine galerie avant de s’élargir en une tache circulaire, avec les excréments de la chenille concentrés au centre.

Stigmella ulmivora
Stigmella ulmivora © Emmanuelle Thomas SHNA-OFAB

Une autre espèce, Stigmella ulmivora, a été observée sur l’orme. Sa mine permet notamment de distinguer l’œuf et une ligne centrale sombre correspondant aux excréments de la chenille.

Enfin, Phyllocnistis ramulicola présente un cycle encore plus particulier. Sa chenille commence par miner l’écorce des rameaux de saule avant de rejoindre la base des feuilles, où elle réalise sa nymphose.

Ces recherches menées dans le cadre de l’inventaire en continu permettent d’améliorer progressivement les connaissances sur ces petits papillons encore largement méconnus. Elles montrent aussi qu’une simple feuille peut révéler une diversité insoupçonnée, à condition de savoir où regarder.

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